11.10.2011

Jouer avec sa langue

... C'était l'idée qui était la base de ce blog : le blog battle. J'ai du mal à me souvenir qui en était l'auteur. Le principe était que deux personnes créent un texte (chacune un autour d'une liste de mots données au hasard). Je ne sais pas ce que ce blog est devenu mais j'en aimais le principe. Comme le disent les papous (de l'émission les papous dans la tête) : la culture sans gaiété n'est que ruine de l'âme !

Voici le texte que j'avais produit à l'époque et la liste de mots imposées :

  • Assemblée Nationale.
  • Cliquetis métallique.
  • Arcane,
  • Astrologie chinoise.
  • Anatocisme.
  • Schéma moléculaire
  • Interpolation.
  • Exfoliation.
  • Cacahuète au paprika,
  • Obscure gestation.


Elle aimait réfléchir dans son bain.
Cet antre, temple de l’eau, dans lequel elle étalait sa féminité de tout son être…
Elle aimait y découvrir son corps, le regarder vivre, respirer. Comme elle avait fort caractère, elle jurait qu’il n’y avait qu’une unique méthode adéquate pour l’exfoliation de sa peau de Diane : un gommage à la cacahuète au paprika. La cacahuète pour la chaleur pesante des pays chaud, et le paprika pour le mystère des pays de l’est.

Tout avait un sens pour elle, ses gestes, ses choix. Elle voyait sa vie comme un schéma moléculaire, changeant, chatoyant, et représentatif de qu’elle était, de ce qu’elle vivait.

Son métier, c’était la voyance.
Elle plongeait ses mains dans les arcanes majeurs du tarot de Marseille, en pénétrant son regard dans celui de ses clients exclusivement membres de l’Assemblée Nationale.

Elle aimait, les débats, les violences des idéaux, tout ce qui naissait d’une obscure gestation pour donner des échanges furieux. Bien sur des sénateurs, avait tenté s’immiscer dans sa clientèle. Mais elle les refusait implacablement. C’était comme de faire de l’anatocisme clamait-elle ! C’est lucratif mais tellement acquis, statique et sans vue sur l’avenir.

Pour suivre la mode elle s’était mise à l’astrologie chinoise, mais les ouvrages de références, trop rigides à son goût subissaient son interpolation chronique.

Elle voulait la vie surprenante, vivante, avec un lit propre à celui des rivières… Celui qui sait être doux comme un petit cliquetis métallique, puis qui grossit  pour se gorger d’une force fiévreuse … Elle l’a voulait comme ça sa vie. Atypique, à son image !
 


Une pensée pour toute l'équipe de l'émission des Papous dans la tête

qui enchante mes dimanches depuis des années :)

 


"DES PAPOUS DANS LA TETE" à la CITE DES SCIENCES... par franceculture

06.07.2009

Délit de solidarité

Je ne sais pas vous, mais moi, je déteste le repassage. Déjà parce que je ne le fais pas très bien etpuis surtout parce que je trouve que c'est du temps de perdu. Heureusement, heureusement, heureusement, il y a la radio pour transformer ce temps de vapeur, en agitation de neurones :)

A l'instant je viens d'écouter l'émission (du 6 juillet 2009) les pieds sur terre de France culture dédiée au délit de solidarite. Voici le lien, c'est à écouter de toute urgence. Ca pique les yeux et le coeur de savoir que notre pays en arrive là ...

Si vous ne connaissez pas le concept de cette émission voici comme Sonia Kronlund, la définit :

 

 


Le constat

 

Régulièrement, et surtout à la faveur des élections, le pays découvre des habitants qui vivent dans ses frontières mais qu'il ne connaît pas. Des inconnus qui défient notre éthique en votant avec la hargne contre la raison, un peuple désespéré qui ne croît plus dans ses institutions et ne prend plus la peine de donner son opinion, des gens qui vivent de peu, travaillent parfois sans gagner assez pour se loger, dont la survie dépend du "système D". Ces gens que nous découvrons alors, nous ne craignons pas d'en analyser et d'en interpréter immédiatement les gestes et les mots et même, le plus souvent, les silences. Et nos analyses répondent aux analyses en oubliant que ces paroles que nous sommes censés analyser, nous ne les entendons plus, si jamais nous les avons entendues. Bien sûr, "on recueille de l'information auprès des gens de peu", "des gens d'en bas" (comme on dit les voisins du dessous) sont invités à s'exprimer, mais ils sont la plupart du temps déplacés de leur contexte ou au service d'une démonstration. De la même façon, des peuples lointains dont nous n'avons jamais perçu l'écho même d'une parole, nous savons faire l'exégèse, et nous savons expliquer à nos auditeurs, à nos lecteurs, à nos téléspectateurs, en quelques minutes ou quelques secondes, ce qui motive les comportements de ces hommes et de ces femmes.

 




Le projet

 

Nous voulons ici, modestement, tenter d'écouter sans analyser, de comprendre sans commentaire, d'ouvrir une petite fenêtre sur ce réel qui nous échappe ou qui nous parvient toujours formaté. Ecouter ceux dont on commente abondamment les faits et gestes, aller sur leur terrain et y rester. C'est au coin de la rue, à deux pas d'ici, dans le centre de la France, ou à l'autre bout du monde, tous les jours … et, à chaque fois, la volonté d’aller au plus près, de prendre le temps, de perdre du temps, de participer, de se laisser surprendre par les démons et les merveilles de notre belle époque. Et Les pieds sur terre c’est aller surtout vers ceux qui se battent et qui luttent, pour un rien, pour tout changer, pour vivre mieux ou pour vivre tout court, aller vers les lieux de conflits, de revendications, de désaccords, aussi minuscules soient-ils, et tenter d'écouter sans analyser ceux dont on commente abondamment les faits et gestes, aller sur leur terrain et y rester. Alors tous les jours, une demi-heure de reportage sans commentaire.

 




La forme
Tous les jours, une demi-heure de reportage sans commentaire.





L'équipe





Production : Sonia Kronlund





Réalisation : Christine Robert, Jean-Christophe Francis, Emmanuel Geoffroy






Attachée de production : Sandrine Chapron





Reporteurs producteurs : Elise Andrieu, Stéphane Correa, Sonia Kronlund, Aude Lavigne, Alain Lewkowicz, Morgane du Liège, Elodie Maillot, Frédérique Pressmann, Anne Riou, Jérôme Sandlarz, Stéphanie Thomas et Farida Taher.

17.09.2008

La citation du jour

Entendu sur France Culture,
dans la chronique de Jean-Louis Ezine :

"un mensonge c'est une vérité qui se trompe de date" :)

05.05.2008

L'érotomanie est une quête de la féminité

Au creux d'une après-midi faite de rangement de papiers, et de thé à la bergamote, j'ai tendu l'oreille aux voix d'une émission (Les Nuits Magnétiques) ayant pour thème : l'érotomanie.

Si je connaissais le nom de cette pathologie depuis plusieurs années, j'avoue ne m'être jamais penchée vraiment sur le sujet.
Parce qu'on s'est tous demandé à un moment de sa vie, si on n'aimait pas un peu plus fort celui qui justement nous aimait si peu, cette émission m'a troublée.

Je me suis laissée porter au gré de ces témoignages d'érotomanes qui vivent leur amour sans limite, et de ces personnes objet d'érotomanie (en l'occurrence Benoît Dalle, François Caroli).

La frontière entre l'amour et la folie est si ténue, que cela m'a renvoyé à cette notion d'interprétation des sentiments amoureux.
Combien de fois n'avons-nous pas interrogés des amis pour savoir si oui ou non Bidule avait pour nous de nobles intentions.
Le premier confirme "mais c'est évident" C'est alors l'euphorie.
Le second infirme "mais non il/elle est courtois/e" et c'est le vide, le doute, la mélancolie...

En amour, il y a toujours ce basculement où ni nous, ni personne ne savons si l'autre nous aime vraiment. Il y aura toujours ce territoire inconquis. Et pourtant nous y retournons tous ...

Alors je me suis demandée combien de fois j'avais aimé à tord ou à raison.
Je ne saurai jamais. Et pourtant ces moments m'ont forgée.
Ils ont sans doute raison alors ... L'important c'est d'aimer ;)






Pour finir voici une petite vidéo issue de la série Antoine, Bibi et Casimir sur les différences hommes-femmes d'interprétation des "signaux" d'amour ;)




EDIT : les émissions de France Culture sont disponibles sur le site Internet comme ici mais je vous préviens ça merdouille un peu...

23.04.2008

Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?

J'aime voyager, dans le sens large du terme.

Si mes aventures géographiques sont assez minces, j'avoue saisir chaque instant de la vie pour voyager :
- une simple balade le nez au vent,
- la préparation d'un doux repas pour mes convives,
- le récit d'un ami,
- la peau d'un amant,
- le corps enlacé par un fauteuil de médiathèque, l'œil scrutant ces mots que je viens de surprendre dans un livre,
- et et et ... la radio !

Si je vis depuis plusieurs années sans télé, je ne saurai me passer de la radio !

Alors merci à France Culture, que je ne me lasse pas d'écouter, qui m'emmène dans la garrigue, à HEC, en cuisine, en usine... Et qui cette après-midi, m'a poussé doucement devant cette porte terrible, où j'ai crié mille fois à la dame de ne pas entrer... Et qui pourtant laissa tomber la clé de fée, dans le sang des précédentes femmes de Barbe Bleue ...




Et vous votre quotidien ? Comment le voyagez-vous ?