25.11.2010

Pas de travail, pas de problème

envoyespecial.pngC'est le nom du reportage qui est passé ce soir dans Envoyé Spécial traitant du funemployement, auquel j'ai eu le plaisir de participer. Oui la Céline à l'appartement coloré, et au vélo années 30, c'est moi ;)

Si vous ne l'avez pas déjà fait, filez découvrir le blog Mon amie chômeuse, une autre des participantes dont j'avais déjà parlé ici.

Je voudrai rajouter une ou deux choses à ce reportage.

Ma période réelle de funemployement, je l'ai faite bien avant la crise financière puisque c'était pour moi en 2004. J'ai alors cessé de me culpabiliser à être au chômage entre deux emplois. Et j'ai profité de cette période pour la mettre à profit. Le matin était dédié à ma recherche d'emploi et mes après-midis à une formation par correspondance (que je me suis entièrement financée car je n'ai reçu aucun soutien à l'époque du pôle emploi) et en allant aux beaux-arts.

Aujourd'hui, j'ai décidé soit de ne pas travailler à temps plein, soit d'alterner des périodes de rush pro avec des périodes de mise à profit personnel. Le mot chômage, ne déplait fortement car il contient en son sein un renvoi à l'inactivité. Or il n'en n'est rien. Ces périodes au cours desquelles, je ne "travaille" pas au sens économique du terme, sont des périodes d'épanpouissement et de remise en question de mes projets pro comme de vie. Et très clairement c'est depuis que j'ai cette attitude, de rééquilibrer davantage ma vie personnelle et ma vie professionnelle, que je suis plus à l'aise dans mon métier. Cette attitude m'a rendue paradoxalement plus "employable".

Alors quand on dit que je suis une chômeuse invétérée et que la journaliste conclue par "Céline vit toujours de petits boulots", alors que je suis en freelance. Comme le dit, Loïck Wacquant (sociologue), l'un des intervenants du reportage de Pierre Carles "on constate une incapacité de penser l'activité de vie de vie en dehors de la forme salariale".

J'en conclu que ces deux dames d'envoyé spécial, n'ont malheureusement pas compris l'essence du reportage. Et que même après cela on reste dans le clivage : soit tu travailles (peu importe si cela t'épanoui ou te nuit) et tu es respectable, soit tu as un mode de vie alternatif et tu es un marginal dont on espère bien qu'il va rentrer sur le droit chemin ...

En conclusion, merci à Jérôme Sesquin, qui a réalisé ce reportage, et aux nombreuses personnes qui ont eu la gentillesse de m'envoyer un mot pour me féliciter ou me tacler ;)

 

Parce qu'il me semble important de voir le reportage "attention danger travail" (2003) de Pierre Carles, Christophe Coello et Stéphane Goxe pour avoir une autre vision également, plus engagée. Demander à votre médiathèque d'acheter le dvd pour que cela tombe dans les bras de la collectivité ou regardez le on-line : vidéo partie 1 - vidéo partie 2 - vidéo partie 3 - vidéo partie 4 - vidéo partie 5 - vidéo partie 6

15.04.2010

Mon amie chômeuse

Dans le cadre d'un échange sur le funemployement, le journaliste Jérôme Sesquin m'a fait découvrir le blog "Mon amie chômeuse". J'y suis allée sans idée précise, et je me suis délectée !

Mon amie chômeuse, joyeuse anonyme de la bloggosphère, se propose sans complexe (et j'aime ça) de réaliser pour vous un défi que vous ne pouvez pas réaliser parce que vous travaillez (lire un livre particulier, allez voir telle pièce de théâtre que vous n'arrivez pas à voir faute de temps...).

Elle se présente ainsi "Mes amis. Il semblerait que nous traversions une sorte de crise économique, peut-être en avez-vous entendu parler. Moi qui ai toujours eu le nez creux, c’est le moment que j’ai choisi pour changer d’orientation professionnelle et enfin me destiner au monde merveilleux de la culture et des lettres.Fatiguée d’entendre que mon CV était stupéfiant mais que non merci, j’ai décidé d’inventer mon propre métier, et de devenir chômeuse professionnelle. Être au chômage ne signifie pas (nécessairement) faire corps avec son canapé, c’est aussi la meilleure période pour initier de grands chantiers existentiels. Les miens se déclinent autour des trois axes suivants : devenir érudite, devenir une ascète, et tenter de nouvelles expériences".

C'est simple, bien écrit, efficace et ça fourmille de réfléxions pertinentes. Pour l'exemple : "ne rien dépenser pendant une semaine" "assister à un débat sur le travail"